En 2024, la Belgique, comme de nombreux pays européens, fait face à une hausse continue des coûts de l’énergie. Cette situation est en grande partie due à la volatilité des marchés énergétiques mondiaux et à la dépendance historique du pays aux énergies fossiles, notamment le gaz naturel. Bien qu’il ne soit plus question aujourd’hui de prix de crise comme en 2022 et 2023, le prix du gaz et de l’électricité reste peu stable, ce qui pèse fortement sur les ménages et les copropriétés, incitant à une réflexion plus poussée sur les alternatives énergétiques.
La dépendance de la Belgique aux énergies fossiles, associée à des engagements environnementaux stricts (objectifs climatiques de l’Union européenne et plans nationaux), pousse le pays à accélérer sa transition vers des sources d’énergie renouvelable. L’énergie solaire est l’une des solutions les plus accessibles et les plus prometteuses pour les particuliers et les copropriétés, car elle permet à la fois de réduire les coûts énergétiques à long terme et de limiter l’empreinte carbone.
Les copropriétés sont donc de plus en plus encouragées à participer activement à la transition énergétique. Ainsi, elles peuvent non seulement contribuer aux objectifs nationaux de réduction des émissions de CO2, mais aussi améliorer la valeur de leurs biens immobiliers. Les panneaux solaires offrent aux copropriétés l’opportunité de produire de l’énergie localement, diminuant ainsi leur dépendance aux fournisseurs traditionnels et aux fluctuations du marché de l’énergie.
Nous allons donc nous pencher plus précisément sur ces derniers et voir comment et pourquoi leur mise en place pourrait être une solution efficace pour une transition plus douce vers l’énergie verte en copropriété.
Les avantages des panneaux solaires
Est-il encore nécessaire d’évoquer les avantages des panneaux solaires en 2024 ? Nous n’en sommes pas certains mais résumons-en les principaux.
- Réduction des coûts énergétiques
En Belgique, l’installation de panneaux solaires en copropriété permet de réaliser d’importantes économies sur la facture énergétique grâce à l’autoconsommation collective. Ce concept consiste à produire de l’électricité à partir des panneaux solaires et à l’utiliser directement au sein de la copropriété, réduisant ainsi la quantité d’énergie achetée aux fournisseurs traditionnels. Les copropriétaires peuvent partager l’électricité produite, ce qui réduit significativement les coûts individuels.
- Contribution à la transition énergétique
L’installation de panneaux solaires permet aux associations de copropriétaires de participer activement à la réduction des émissions de CO2 à l’échelle locale. En produisant de l’électricité propre, elles réduisent leur dépendance aux énergies fossiles et contribuent à diminuer l’empreinte carbone du bâtiment. Cela s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Plan National Énergie-Climat (PNEC) de la Belgique, qui vise à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
- Valorisation du bien immobilier
Les futurs acquéreurs et locataires en 2024 sont de plus en plus attentifs à l’aspect écologique et énergétique des biens immobiliers. Installer des panneaux solaires dans une copropriété augmente la valeur foncière du bâtiment.
En outre, l’optimisation énergétique d’un bâtiment améliore le PEB, qui est un critère de plus en plus important lors de la vente ou de la location d’un bien immobilier en Belgique.
Une fois ce rappel posé, passons à la faisabilité de cette évolution au sein d’une copropriété où tous n’ont peut-être pas les mêmes envies.
La situation du photovoltaïque en Belgique
En 2024, le marché du photovoltaïque en Belgique continue de croître, malgré la fin de certaines aides publiques. La production d’électricité solaire a atteint un niveau record en 2023, avec plus de 7 193 GWh produits, représentant une augmentation de 12,2 % par rapport à l’année précédente. Cette capacité continue à augmenter dans les trois régions du pays, même si la croissance ralentit dans certaines zones urbaines où l’espace disponible sur les toits devient plus limité.
À titre d’exemple, à Bruxelles, le retour sur investissement pour une installation photovoltaïque se situe généralement entre 5 et 7 ans, en grande partie grâce au système de certificats verts toujours en vigueur. Ces certificats sont octroyés pendant 10 ans après l’installation, et bien que leur taux ait été réduit pour les grandes installations, ils continuent d’assurer la rentabilité des projets résidentiels et collectifs de petite taille. Le taux d’octroi des certificats a été ajusté début 2024 pour s’assurer que les installations restent rentables malgré la fluctuation des prix de l’électricité.
En termes de capacité installée, la Belgique se positionne parmi les leaders européens, avec une capacité totale approchant les 10 GWc fin 2023, ce qui équivaut à la production d’une partie des centrales nucléaires du pays. Les panneaux solaires représentent désormais environ 72 % de la production d’électricité renouvelable à Bruxelles, malgré une baisse de l’installation de très grandes toitures.
Démarches et mise en pratique
Consultation des copropriétaires :
Bien entendu, il s’agit de la première étape avant de commencer l’installation à savoir adresser une information préalable la plus complète auprès des copropriétaires .
Le syndic de la copropriété doit organiser une assemblée générale pour soumettre le projet d’installation des panneaux solaires à la discussion.
Le projet doit être clairement expliqué, y compris les avantages financiers, l’impact potentiel sur les charges communes, et les économies d’énergie attendues.
Deux cas de figures distincts :
- La majorité des copropriétaires est favorable au projet ( majorité des ⅔ des personnes présentes ou représentées).
Le financement sera alors collectif. Il est recommandé d’inscrire les détails du projet dans dans le procès-verbal de l’assemblée générale et de constituer une réserve financière avant le début des travaux.
Si l’ensemble des copropriétaires participe, l’installation peut être reliée au compteur des parties communes, permettant ainsi à tous de bénéficier des avantages de l’énergie produite.
- Seulement quelques copropriétaires sont favorables et le quorum décisionnel n’est pas atteint
Les copropriétaires peuvent rechercher des solutions visant à poser sur les éléments communs de l’immeuble des panneaux solaires ( moyennant accord de l’AG) . Cet organe vérifiera l’absence de nuisances ou de dommages potentiels. Un contrat précisant les modalités de l’installation sera signé. Les participants financent et assurent l’entretien de l’installation.
Chaque installation sera reliée à un compteur individuel, et chaque investisseur recevra l’énergie produite directement sur son compteur. Les participants devront également installer un compteur vert pour suivre leur consommation d’énergie verte.
Etude de faisabilité :
Avant d’entamer tout projet d’installation de panneaux solaires, il est important de réaliser une étude de faisabilité technique pour s’assurer que l’immeuble est adapté à une telle installation.
L’orientation du bâtiment joue un rôle clé dans l’efficacité des panneaux solaires. Les toits orientés vers le sud sont généralement les plus adaptés, mais des solutions peuvent aussi être envisagées pour d’autres orientations.
La superficie du toit doit être suffisamment grande pour accueillir un nombre de panneaux solaires qui répondra aux besoins énergétiques de la copropriété. Il faut également prendre en compte les obstacles éventuels (cheminées, équipements techniques, etc.) qui pourraient créer de l’ombre.
Il ne faut également pas omettre qu’en Belgique, les règles d’urbanisme varient selon les régions. Il est nécessaire de vérifier si des permis spécifiques sont requis pour l’installation de panneaux solaires.
En général, pour des panneaux installés sur un toit existant, un permis d’urbanisme n’est pas toujours nécessaire, mais il est conseillé de consulter la commune pour s’assurer de la conformité du projet.
Par exemple, en Bruxelles-Capitale, une déclaration préalable de travaux peut être requise en fonction de l’emplacement des panneaux. En Wallonie et en Flandre, les règles diffèrent légèrement, mais en 2024, les procédures ont été simplifiées pour encourager l’installation de systèmes photovoltaïques.
SIte intéressant : https://geodata.environnement.brussels/client/solar/
Types d’installation :
Vous avez mené à bien toutes les étapes précédentes ? Il devient alors nécessaire de choisir le type d’installation en fonction du nombre de participants. Trois scénarios principaux peuvent se présenter :
- Installation partagée sur le réseau commun :
Si l’ensemble des copropriétaires approuve le projet, les panneaux solaires peuvent être connectés au compteur général de la copropriété. Cela permet une répartition équitable de l’énergie verte produite, selon l’investissement de chaque ménage, et réduit ainsi la facture d’électricité de tous. Ce modèle, appelé autoconsommation collective, optimise l’utilisation commune de l’énergie produite.
- Installation individuelle par copropriétaire :
Dans le cas où seule une partie des résidents souhaite participer, chaque propriétaire impliqué peut avoir son propre compteur pour profiter de l’énergie qu’il génère. Cette option permet à chaque ménage participant de consommer directement l’électricité produite par ses panneaux.
- Combinaison d’unités collectives et individuelles :
Lorsque tous les copropriétaires adhèrent au projet, mais que l’espace disponible sur le toit le permet, une solution mixte peut être envisagée. Cela implique d’avoir à la fois un système commun pour les parties partagées et des installations individuelles. Cette combinaison permet d’optimiser l’espace tout en garantissant des économies pour tous.
A terme d’autres systèmes devraient voir le jour à travers la mise en place d’énergie partagée ou encore de communautés d’énergie .
Les options de financement pour les panneaux solaires en copropriété
1. Subventions et aides en Belgique
La Belgique encourage la transition vers l’énergie renouvelable à travers plusieurs mécanismes d’aides, notamment les certificats verts, qui sont spécifiques à chaque région.
Ces certificats permettent aux copropriétés qui installent des panneaux solaires de bénéficier d’une aide financière. Ils sont octroyés en fonction de la quantité d’énergie produite, et leur valeur peut varier en fonction de la région. À Bruxelles, par exemple, une installation de moins de 5 kWc génère environ 1,95 certificat vert par MWh, et chaque certificat est valorisé à 95 €. Ces certificats peuvent être revendus, assurant ainsi des revenus supplémentaires pendant les dix premières années de l’installation.
Outre les certificats verts, des primes Énergie sont disponibles selon la région :
- En Wallonie, il n’existe plus de primes mais la Société Wallonne du Crédit Social (SWCS) offre la possibilité de bénéficier d’un prêt à taux zéro pour financer des travaux de rénovation, incluant l’installation de panneaux photovoltaïques. Ce prêt peut atteindre un montant maximal de 60 000 € (Rénoprêt).
- La Flandre, dernière région belge à offrir une prime pour l’installation de panneaux photovoltaïques – souvent appelée prime Fluvius – a décidé de mettre fin à cette aide à compter du 1er janvier 2024 mais certaines catégories de personnes peuvent encore financer l’installation de panneaux solaires grâce au prêt MijnVerbouwLening, mis en place par la Région flamande. Ce prêt peut atteindre un montant maximum de 60 000 €, avec une durée de remboursement allant jusqu’à 25 ans.
- À Bruxelles-Capitale, en plus des certificats verts, certaines communes offrent encore des primes communales pour encourager l’installation de panneaux solaires.
2. Prêt collectif ou individuel
Pour financer une installation photovoltaïque en copropriété, il existe la possibilité de recourir à des prêts collectifs, proposés par plusieurs banques belges. Ce type de financement permet de répartir les coûts de l’installation entre tous les copropriétaires participants, réduisant ainsi l’impact financier individuel. Ce prêt collectif est généralement adossé à la copropriété, avec un remboursement étalé sur plusieurs années, en fonction des économies réalisées sur la consommation d’énergie.
En parallèle, les copropriétaires peuvent également choisir un financement individuel, où chaque participant finance sa propre part du projet. Cette option est particulièrement utile si seuls certains copropriétaires décident de participer au projet. Dans ce cas, ils sont responsables de leur part des travaux et peuvent bénéficier des économies d’énergie directement sur leur facture.
3. Modèle de tiers investisseur
Le modèle de tiers investisseur offre une solution alternative intéressante. Dans ce cas, une entreprise tierce prend en charge l’installation des panneaux solaires, ce qui permet aux copropriétaires d’éviter un investissement initial important. En échange, l’énergie produite est vendue à un prix réduit aux copropriétaires. Cette approche permet de profiter des avantages des panneaux solaires sans engager immédiatement de fonds propres, tout en garantissant des économies d’énergie à long terme.
Conclusion
En somme, installer des panneaux solaires en copropriété est non seulement une action écologique, mais également un investissement stratégique qui assure des bénéfices à long terme pour les résidents et pour la planète.
À l’Office des Propriétaires, nos gestionnaires s’accordent tous pour dire que l’installation de panneaux solaires en copropriété en Belgique représente une solution durable et économiquement avantageuse face aux défis énergétiques actuels.
Les démarches peuvent sembler complexes, mais si c’est un projet que vous envisagez, nos équipes structureront vos démarches pour qu’elles deviennent fluides et sans tracas.
Nous l’avons vu, il existe de nombreuses options pour rendre ce type de projet accessible, même sans investissements initiaux élevés.
N’hésitez pas à contacter votre gestionnaire afin de lancer, pour commencer, une étude de faisabilité !